Dans leur dernier film, les
cinéastes Simcha Jacobovici et James
Cameron (Titanic) affirment qu’un
tombeau découvert en 1980 à Talpiot,
un quartier de Jérusalem, aurait
renfermé le corps de Jésus ainsi que
celui de Marie Madeleine ─ avec
laquelle il se serait marié ─ et leur fils
Judah.
Ces affirmations éclatantes et très
controversées ont attiré de toutes
parts un déluge d’objections qui
mettent en question leur validité. Ce
qui est encore plus grave, c’est que
ces hypothèses portent implicitement
atteinte à la réalité de la résurrection
corporelle de Jésus.
Le tombeau comprenait dix
ossuaires (des cercueils de pierre
servant à conserver les ossements
d’un mort après la décomposition de la
chair en attendant l’enterrement). Six
d’entre eux sont identifiés par un nom
inscrit dessus :
«Yeshoua bar Yosef» (Jésus fils
de Joseph)
«Mariamne e Mara» (Maria
Madeleine?)
«Yéhouda bar Yehoshoua»
(Judah fils de Jésus)
«Maria»
«Joseph»
«Matthieu»
Pour donner du sérieux et de la
crédibilité à leur film, les cinéastes ont
demandé à des spécialistes de
différentes disciplines scientifiques
d’effectuer de savantes analyses.
On a fait faire des tests d’ADN au
laboratoire de paléo-ADN de
l'Université Lakehead, un centre de
réputation internationale de
bioarchéologie et d'analyse d'ADN.
Des tests d’ADN, qui servent
aujourd’hui à résoudre des crimes,
prouver la paternité ou identifier un
soldat de la Première Guerre,
pourraient certainement appuyer les
affirmations du film.
Parmi les nombreuses objections
soulevées, en voici quelques-unes :
- Les ossuaires étaient vides, sans
ossements. L’ADN recueilli des
ossuaires venait-il des os des
morts nommés ou des personnes
qui ont manipulé les ossuaires au
fil des siècles ?
- Il n’existe nulle part au monde un
échantillon d’ADN provenant
certainement et incontestablement
de Jésus avec lequel on pourrait
comparer l’ADN de l’ossuaire. Il est
donc impossible d’affirmer qu’il
s’agit de Jésus de Nazareth.
- La supposition que «Mariamne e
Mara» est la femme de «Yeshoua
bar Yosef» est gratuite. Elle aurait
pu être la femme de l’un des trois
autres hommes ou encore d’un
autre homme dont l’ossuaire
n’avait pas d’inscription.
Cette supposition précipitée, sans
fondement, de ceux qui n’ont pas
exploré d’autres possibilités,
suggère que le but de l’exercice
était d’arriver à une conclusion
spectaculaire.
Carney Matheson, qui a mené les
tests d’ADN à Lakehead, a qualifié
les résultats comme suit : «Il n’y a
rien là.»
- Tout ce que l’ADN peut démontrer,
c’est que les personnes des deux
ossuaires testés n’avaient pas de
lien de parenté, qu’elles n’avaient
pas la même mère.
La seule information donnée par
l’analyse d’ADN, c’est que
«Mariamne e Mara» n’était ni la
mère ni la soeur de «Yeshoua bar
Yosef».
Les cinéastes ont fait appel aussi à
des spécialistes en analyse de
statistiques.
En s’appuyant sur un certain
modèle statistique, Andre Feuerverger,
professeur de mathématiques à
l'Université de Toronto, conclut que la
probabilité est de 600 contre 1 que le
tombeau de Talpiot soit bien celui de
Jésus.
Les objections à cette conclusion
étonnante n’ont pas tardé :
- Tout modèle statistique est fondé
sur certaines présuppositions. Les
chiffres qu’on entre au départ vont
affecter le résultat qu’on obtient à
la sortie.
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On choisit d’utiliser ou non les
données qu’on connaît ou d’en
modifier les variables (on sait que
quelque 900 cavernes-tombeaux
ont été trouvées à une distance de
4 km ou moins de la Vieille Ville où
le nom de Jésus apparaît 71 fois).
Il y a un nombre très élevé de
variables et trop de chiffres
manquants. Il y a d’autres modèles
statistiques qu’on aurait pu
concevoir.
- Il y a trop de présuppositions. On
suppose que la «Marie» d’un des
ossuaires est la mère du Jésus
d’un autre.
On suppose que «Matthieu» est
le Matthieu de l’Évangile malgré le
fait qu’il n’était pas membre de la
famille de Jésus.
On suppose que «Mariamne» soit
la femme de Jésus.
- On sait que «Jésus», «Joseph»
et «Marie» étaient des noms des
plus fréquents à Jérusalem à cette
époque. Il n’est pas du tout
surprenant de trouver ces noms
dans un même tombeau.
Associer un film à une discipline
scientifique comme l’archéologie lui
donne beaucoup de crédibilité. Mais la
découverte du tombeau en 1980 n’a
pas fait sensation parmi les
archéologues.
Ceux d’Israël, qui connaissent le
mieux le tombeau de Talpiot, restent
sceptiques.
Le professeur Amos Kloner de
l’Université Bar-Ilan, qui était impliqué
dans l’étude du tombeau, et qui a
publié en 1996 un article renfermant
ses conclusions personnelles.
Il a déclaré : «C’est une belle
histoire pour la télévision mais sans
aucune preuve scientifique. C’est
absurde !»
Dans le tollé soulevé par ce film,
on trouve d’autres objections qui
exposent les contradictions avec ce
qu’on sait de Jésus et de sa famille :
- La famille de Jésus, originaire de
Bethléhem, habitait Nazareth. Il n’y
avait aucune raison de trouver son
tombeau à Jérusalem.
- La famille de Jésus, qui n’était pas
riche, n’avait pas les moyens de se
payer le luxe d’un tel tombeau ou
de tels ossuaires.
- Il n’y avait pas de Matthieu dans la
famille de Jésus. Il est improbable
que quelqu’un qui n’était pas de la
famille soit enterré dans le
tombeau familial.
- Joseph n’était pas le père de
Jésus.
- Il est improbable que la famille ait
eu le temps d’acheter secrètement
un tombeau ou de voler le corps de
Jésus et de l’enterrer, tout en
prêchant que Jésus était ressuscité
au risque de périr.
Conclusion
Il est évident que le recours aux
analyses scientifiques n’a produit
aucune preuve. Il ne reste aucune
raison de croire que le tombeau de
Talpiot est celui de Jésus et de sa
famille. Les cinéastes, qui ne
s’intéressaient pas du tout à
l’exactitude historique ou aux
questions religieuses, ont réussi un
coup de théâtre publicitaire en faisant
connaître au grand public ce film. Ce
dernier va certainement faire avancer
leurs carrières et rapporter beaucoup
d’argent.
Nous les chrétiens passeront à des
choses plus importantes avec la pleine
assurance que Jésus est ressuscité.
Jack Cochrane
Église l’Eau vive
Le 11 mars 2007
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