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La française
Mary Pierce a connu une véritable renaissance après sa
conversion au christianisme. Depuis elle témoigne de sa foi avec
simplicité mais conviction, sur les courts comme en dehors...
Aux yeux du monde, j’avais tout pour
être heureuse. Au
cours de sa carrière sportive, Mary Pierce a notamment gagné
deux tournois du Grand Chelem en simple dames : l'Open
d'Australie en 1995 et Roland-Garros en 2000. Elle a atteint la
finale de quatre autres éditions du Grand Chelem : à l'Open
d'Australie 1997, à Roland-Garros 1994 et 2005, puis à l'US Open
2005. Elle possède aussi deux titres du Grand Chelem en double :
à Roland-Garros en double dames en 2000 et à Wimbledon en double
mixte en 2005, ainsi qu'une finale perdue à l'Open d'Australie
en double dames en 2000. Au total, elle a remporté 18 tournois
en simple et 10 en double dames, et a été classée 3e mondiale
dans les deux spécialités. Avec l'équipe de France, elle a
également gagné deux fois la Fed Cup.
Mais moi, je sentais que je n’avais rien,
que j’étais vide, que quelque chose me manquait.
Elle arrive, décontractée et souriante, en grande discussion
avec une amie accrochée à son bras. David, son frère et
entraîneur, la précède. Il pose ses raquettes à l’arrière de la
petite Citroën C3 gris métallisé de sa soeur, notre point de
rendez-vous. Franche poignée de main. Un grand soleil baigne les
allées de Roland Garros. Ce serait dommage de s’enfermer dans un
bureau, non ?, remarque la numéro 6 mondiale. Direction le court
central. Les 15000 fauteuils sont encore recouverts d’un
plastique vert. En contrebas, des gamins jouent sur la terre
battue, les lignes blanches n’ont pas encore été tracées. Le
tournoi le plus prestigieux de la planète commence dans quelques
semaines à peine. Sur trois finales, la Française née à Montréal
en a remporté une, en 2000 ( elle a aussi remporté le titre
cette même année en double ).
Le public la redécouvre cette année-là. Oubliée la jeune fille
aux grosses lunettes et mal dans ses baskets, qui avait perdu
une première finale en 1994 : Mary est souriante, apaisée ... et
jouant chaque match avec un chapelet autour du cou. Elle s’y
accroche, le sert dans son poing entre les échanges. Ce chapelet
m’avait été offert par mon ex-fiancé, un joueur de base-ball
portoricain. J’allais me marier avec lui ..., se souvient-elle
assise sur une marche en béton des gradins.
Je gagnais
des tournois mais je me sentais vide
Mary fait
une queue-de-cheval de ses longs cheveux blonds tout en se
remémorant cette année 2000. J’étais très connue, je gagnais des
tournois et beaucoup d’argent ... Aux yeux du monde, j’avais
tout pour être heureuse. Mais moi, je sentais que je n’avais
rien, que j’étais vide, que quelque chose me manquait. Elle
cherche alors la paix intérieure dans le bouddhisme, dans le New
Age et ses énergies. Plus jeune, elle a pourtant été élevée dans
la foi catholique : école catholique, messe tous les dimanches
en famille, première communion ... Mais à l’école, on ne m’a
jamais appris quoi que ce soit sur Dieu. Et je ne comprenais
rien à la messe.
Lors d’un tournoi, elle rencontre Linda Wild, une joueuse
américaine du circuit professionnel. J’ai senti qu’elle était
différente. Tout le monde se moquait d’elle parce qu’elle était
toujours souriante, heureuse, bien. On a commencé à passer du
temps ensemble, elle m’invitait souvent à dîner. Grâce à sa
nouvelle amie, Mary découvre qui est Jésus, qu’il est mort pour
ses péchés, qu’elle est pardonnée, qu’elle a la vie éternelle.
Pour moi, c’était ... waouh !!! s’exclame la championne.
Mais il faut encore faire le grand saut de la confiance et de
l’abandon total en Dieu. Ce sera pour Mars 2000, en Californie.
Je me souviens très bien de ce matin-là, de cette chambre
d’hôtel. J’avais perdu mon match deux jours avant. Dans ma vie,
c’était de pire en pire. J’étais tombée très, très bas. Je suis
sortie de mon lit et je me suis dit : J’arrête d’essayer de
mener ma vie moi-même car cela me mène à rien. Soit ça me fait
du mal, soit j’en fais aux autres. Et j’ai choisi de donner ma
vie au Seigneur. Je lui ai dit : désormais, c’est toi qui
contrôles.
Dans sa
nouvelle vie, elle a pour coachs la Bible et Jésus
Eliminée du
tournoi, la tenniswoman rentre chez elle, en Floride. Dans sa
voiture, elle allume l’autoradio. J’ai entendu une voix d’homme
qui a commencé à dire : Si vous avez envie de recevoir Jésus
dans votre coeur, dans votre vie ... Je ne savais même pas que
des radios chrétiennes ça pouvait exister !
Dans son garage, encore installée au volant de sa voiture, Mary
commence à prier comme le propose le pasteur à la radio. La
révélation par les ondes d’une relation personnelle, unique,
entre la championne et Dieu. Elle se confie à lui. Depuis ce
jour, je lui appartiens ! Dès lors, un nouveau set du match de
sa vie débute. Avec pour coachs la Bible et Jésus.
La Bible m’a vraiment touchée. Ce que je lisais me parlait très
fort et souvent, je me disais : C’est exactement ce qui se passe
dans ma vie. Et sa vie change. Son fiancé, qui ne comprend plus
la nouvelle Mary, préfère mettre un terme à leur relation. De
son côté, elle trouve la force de pardonner à son père, Jim, un
ancien commando de marine, qui a transformé son enfance en un
interminable camp d’entraînement.
De retour en France depuis Juin 2004, réconciliée avec sa
famille, Mary s’est découvert de nouveaux frères et soeurs dans
l’assemblée chrétienne évangélique de Chaville, en banlieue
parisienne, qu’elle fréquente assidûment. Parfois, des personnes
se disent touchées de me voir louer le Seigneur avec un coeur
humble, de m’humilier devant lui ...
Son renouveau personnel se traduit également dans sa manière de
vivre son sport. Avant, je jouais au tennis parce que je m’y
sentais obligée. Je voulais être dans les meilleures, ne pas
perdre. Mais j’avais du mal à trouver une finalité à ce que je
faisais. Aujourd’hui, je sais que Dieu m’a donné « a gift », un
talent pour ce sport. Je joue désormais de tout mon coeur pour
le glorifier. Et à l’écouter, Dieu s’en sert pour l’enseigner
sur bien des choses : A travers ma pratique du tennis, le
Seigneur me montre beaucoup de choses applicables à ma vie de
foi : la discipline, le courage ... La persévérance également,
sur le court comme dans la prière : Moins on prie et moins on a
envie de prier. C’est comme avec une personne : si on passe du
temps avec elle, on va la connaître mieux et on aura envie de
passer toujours plus de temps avec elle.
Une
fondation pour financer des projets missionnaires
Sur le court
central, des gamins courent désormais dans tous les sens. Des
gradins, ils ressemblent à des petites balles multicolores. Mary
les regarde, belle et sereine. Son sweat-shirt tout blanc lui
donne un air angélique.
Après ma conversion, je pensais que tout serait parfait, que je
n’aurais plus de problème. J’ai vite compris que ça ne se
passait pas tout à fait comme ça. Mais c’est reposant de savoir
que votre vie est entre les mains de Dieu, qu’il est fidèle. Il
m’a plusieurs fois montré des choses splendides, alors, comment
ne pas lui faire confiance ?
Ainsi Mary se sent-elle appelée à servir Dieu dans tout ce
qu’elle fait. Pour l’instant, dans le tennis. Quand sa carrière
prendra fin, elle souhaiterait se rendre en Afrique, s’occuper
des enfants et des personnes âgées. Je suis en train de crée un
site Web et une fondation pour financer des projets
missionnaires, humanitaires. Je veux être encore mieux utilisée
par le Seigneur, conclut en forme de voeu celle que ses mais
surnomment parfois « Marthe ». Parce que je veux tout faire, et
bien !, explique-t-elle dans un dernier sourire.
Source: Benjamin Coste, Famille Chrétienne n°1482 /
journalchretien.net / via aleloo.com.
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